L'étau se resserre pour les propriétaires bailleurs. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont déjà interdits à la location nue. Le 1er janvier 2028 s'ajouteront les F, puis les E en 2034. En Ardèche, où une part importante du parc locatif est constituée de bâtisses anciennes en pierre, le sujet est devenu prioritaire. Voici la marche à suivre.

Le calendrier d'interdiction de location : ce qui change concrètement

La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a fixé un calendrier ferme d'interdiction progressive des passoires thermiques sur le marché locatif en bail nu. À ce jour, l'agenda est le suivant :

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Depuis le 1er janvier 2025 : interdiction de mise en location de tout logement classé G (et G+). Concrètement, impossible de signer un nouveau bail ou de renouveler un bail existant à la même hauteur de loyer si le logement reste en G.
2
1er janvier 2028 : extension aux logements classés F.
3
1er janvier 2034 : extension aux logements classés E.
4
Depuis 2022-2023 : gel des loyers impossibles à augmenter pour les logements F et G, même en cas d'IRL favorable.

Quel est le rôle du juge ?

Un locataire peut désormais saisir le tribunal pour obliger le propriétaire à effectuer les travaux nécessaires à atteindre le seuil minimal de décence énergétique (article 6 de la loi du 6 juillet 1989 modifié). À défaut, il peut demander une diminution du loyer ou la résolution du bail.

Pourquoi l'Ardèche est particulièrement concernée

Le département compte une proportion élevée de logements anciens : maisons en pierre des Cévennes, mas, anciens corps de ferme, bâtisses du XIXe siècle dans les centres-bourgs d'Aubenas, Joyeuse, Largentière ou Vallon-Pont-d'Arc. Ces biens, souvent très chargés en patrimoine architectural, présentent presque systématiquement des classes énergétiques F ou G : isolation faible des murs en pierre brute, planchers bois non isolés, menuiseries simple vitrage, chauffage électrique à effet Joule ou poêle bois ancien.

D'après les estimations de l'Ademe, près de 30 % du parc locatif privé en Ardèche serait classé F ou G. Le rythme des rénovations doit donc s'accélérer pour éviter un retrait massif de biens du marché locatif d'ici 2028.

Les prix immobiliers ardéchois 2026 intègrent déjà cette dimension : la décote constatée pour un bien F/G atteint en moyenne 11 à 18 % sur les transactions récentes, contre 5 à 8 % il y a trois ans.

Les travaux à prioriser pour gagner des classes

Sortir d'un DPE F ou G ne demande pas nécessairement une rénovation lourde et globale. Une approche par paliers, dans le bon ordre, permet d'optimiser le budget. Voici la hiérarchie recommandée :

1. Isolation des combles

Le poste le plus rentable : 30 % des déperditions passent par le toit. Coût Ardèche : 25 à 50 €/m². Gain DPE : 1 à 2 classes.

2. Menuiseries

Remplacement simple vitrage par double vitrage à isolation renforcée. Coût : 600 à 1 200 € par fenêtre posée. Gain : 1 classe.

3. Isolation des murs

Par l'intérieur (ITI) ou extérieur (ITE). ITE plus performante mais sensible au patrimoine en pierre. ITI : 60 à 120 €/m². Gain : 1 à 2 classes.

4. Système de chauffage

Remplacement convecteurs ou chaudière fioul par pompe à chaleur air/eau ou poêle granulés. Coût : 8 000 à 18 000 €. Gain : 2 classes.

5. ECS solaire

Chauffe-eau thermodynamique ou solaire. Coût : 2 500 à 4 500 €. Gain : 0,5 à 1 classe et baisse de la facture annuelle.

6. VMC double flux

Pour limiter les déperditions par renouvellement d'air. Coût : 4 000 à 7 000 €. À envisager après isolation.

Pour passer d'un G à un D dans une maison ardéchoise typique de 95 m² : compter en moyenne 35 000 à 55 000 € de travaux, hors aides. Avec aides, le reste à charge se situe souvent entre 18 000 et 32 000 €.

Aides 2026 : MaPrimeRénov', éco-PTZ, CEE, aides locales

Le dispositif d'aides à la rénovation énergétique est renforcé en 2026, avec une priorité affichée pour les rénovations globales et les passoires thermiques. À retenir :

MaPrimeRénov' Parcours accompagné : aide majorée pour les rénovations globales (gain de 2 classes minimum) avec accompagnement obligatoire par un Mon Accompagnateur Rénov' agréé. Plafonds 2026 : 35 000 à 70 000 € selon revenus, jusqu'à 90 % de prise en charge pour les ménages très modestes.

MaPrimeRénov' « par geste » : versée par travaux unitaires (isolation combles, fenêtres, PAC). Reste pertinente pour les budgets fragmentés.

Éco-PTZ « performance globale » : prêt à taux zéro jusqu'à 50 000 € sur 20 ans pour les rénovations globales atteignant un gain de 35 % de consommation.

Certificats d'économie d'énergie (CEE) : primes versées par les fournisseurs d'énergie (EDF, TotalEnergies, etc.). Cumulables avec MaPrimeRénov'.

Aides locales : la Région Auvergne-Rhône-Alpes (Bonus écologique) et plusieurs intercommunalités ardéchoises (CC du Bassin d'Aubenas-Vals, CC Berg & Coiron, CC du Pays Beaume-Drobie) abondent les dispositifs nationaux à hauteur de 500 à 4 000 €.

Cas type Aubenas

Maison de 90 m² classée G transformée en classe D : devis travaux 48 000 €. MaPrimeRénov' 18 000 €, CEE 3 200 €, aide locale 1 500 €, soit 22 700 € d'aides. Reste à charge 25 300 €, finançable via éco-PTZ sans intérêts. Plus-value bien après travaux : ~22 000 €.

Faut-il rénover ou vendre son bien ?

La question se pose pour beaucoup de propriétaires bailleurs ardéchois en 2026. Voici les critères de décision principaux :

Plutôt rénover si : le bien est en bon emplacement (centre-bourg recherché, proximité commerces et écoles), la rentabilité brute après travaux reste supérieure à 5 %, vous bénéficiez de revenus permettant de capter MaPrimeRénov', vous prévoyez de garder le bien plus de 10 ans.

Plutôt vendre si : l'emplacement est secondaire (hameau isolé, village très excentré), la rénovation excède 60 000 € sans aides, votre TMI est faible (peu de levier fiscal), vous avez d'autres opportunités de placement plus rentables.

Pour les biens à fort caractère patrimonial (mas en pierre, ferme cévenole), une stratégie hybride est souvent pertinente : rénover en respectant l'architecture vernaculaire tout en intégrant des isolants compatibles avec les murs en pierre (chaux-chanvre, laine de bois en sous-pente).

Dans tous les cas, faire estimer son bien avant et après projet est la première étape. Un courtier-conseil peut articuler simulation immobilière, plan de financement et choix d'aides.

Questions fréquentes

Q : Mon bien est en location avec un bail signé avant 2025, classé G : que se passe-t-il ?
Le bail en cours reste valable. Mais à son terme (renouvellement ou nouveau locataire), vous ne pouvez plus le relouer en l'état si le DPE reste G. Anticiper les travaux est la seule option pour éviter une vacance forcée.

Q : Le DPE est-il opposable juridiquement ?
Oui, depuis le 1er juillet 2021. Un acquéreur ou locataire peut engager la responsabilité du propriétaire en cas de DPE erroné. Faire réaliser le diagnostic par un certifié diagnostic immobilier est essentiel.

Q : Mon bien classé G est en copropriété, qui paie ?
Cela dépend de la nature des travaux : isolation toiture/façade = copropriété (vote en AG), isolation intérieure = propriétaire seul, remplacement chauffage individuel = propriétaire seul. La loi Climat impose désormais aux syndics de présenter un plan pluriannuel de travaux.

Q : Quel impact sur la valeur de revente ?
Les notaires de France constatent en 2026 une décote moyenne de 11 % pour un F et 18 % pour un G dans le rural, avec des cas isolés à -25 %. La rénovation rend l'investissement souvent rentable, à condition d'arbitrer les postes prioritaires.

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