Une cliente d'Aubenas nous apporte un contrat souscrit trois ans plus tôt en agence, cent mille euros placés pour moitié en unités de compte. Elle ne comprend pas la baisse affichée sur son relevé. Question simple : que dit le document remis le jour de la signature ? Réponse tout aussi simple, et fréquente : il n'y en a pas, ou personne ne le retrouve. C'est pourtant la pièce maîtresse du dossier.
L'essentiel en 30 secondes
Avant la conclusion d'un contrat d'assurance-vie, d'un contrat de capitalisation ou d'un plan d'épargne retraite comportant des supports d'investissement, le distributeur doit vous remettre une déclaration d'adéquation écrite, sur support durable, expliquant pourquoi la solution recommandée correspond à votre situation. Ce n'est pas une courtoisie commerciale : c'est une obligation légale.
- Article L.521-4 du Code des assurances : le distributeur précise par écrit vos exigences et vos besoins, et les raisons du conseil fourni.
- Article L.522-5 du Code des assurances : pour les produits d'investissement fondés sur l'assurance, une déclaration d'adéquation vous est remise avant la conclusion, sur support durable.
- Côté conseil en investissements financiers, l'équivalent est le rapport d'adéquation prévu par l'article 25, paragraphe 6, de la directive MIF II et l'article 54 du règlement délégué (UE) 2017/565.
- La recommandation ACPR 2024-R-03 du 21 novembre 2024, applicable depuis le 31 décembre 2025, a remplacé la recommandation 2013-R-01 et interdit expressément de se fonder sur les seules déclarations subjectives du client.
- Le conseil ne s'arrête pas à la signature : l'article L.522-5 prévoit, lorsqu'une évaluation périodique de l'adéquation a été annoncée, son actualisation régulière.
- Ce document ne garantit aucune performance : les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital.
Ce que la loi impose réellement au distributeur
La directive sur la distribution d'assurances a fait basculer le devoir de conseil d'une obligation morale à une obligation documentée. Deux articles structurent la matière. L'article L.521-4 du Code des assurances impose de préciser les exigences et les besoins du souscripteur et de lui fournir des informations objectives lui permettant de décider en connaissance de cause ; lorsqu'un conseil personnalisé est délivré, il faut expliquer pourquoi le contrat proposé correspond le mieux à sa situation.
L'article L.522-5 va plus loin pour les produits d'investissement fondés sur l'assurance, catégorie qui recouvre l'essentiel des contrats d'assurance-vie multisupports, les contrats de capitalisation et les plans d'épargne retraite assurantiels. Le distributeur doit évaluer le caractère approprié du contrat, puis remettre une déclaration d'adéquation avant la conclusion, sur un support durable, qui précise en quoi la recommandation répond à vos objectifs, à votre situation financière et à vos connaissances.
Lorsque votre interlocuteur agit comme conseiller en investissements financiers, par exemple sur un compte-titres ou des parts de société civile de placement immobilier, l'obligation existe sous un autre nom : le rapport d'adéquation, prévu à l'article 25, paragraphe 6, de la directive MIF II et précisé par l'article 54 du règlement délégué (UE) 2017/565. Le contenu attendu est le même : un écrit qui explique le raisonnement, pas une signature au bas d'un questionnaire.
La recommandation ACPR de 2024 a relevé le niveau d'exigence
Ce point est passé largement inaperçu des épargnants, et il change pourtant la pratique. La recommandation 2024-R-03 du 21 novembre 2024 de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, relative au recueil des informations sur le client pour l'exercice du devoir de conseil, est applicable depuis le 31 décembre 2025. Elle remplace la recommandation 2013-R-01, vieille de plus de dix ans.
Son apport principal tient en une phrase : il est interdit de se fonder exclusivement sur les déclarations subjectives du client. Cocher « profil équilibré » parce que le client l'a dit ne suffit plus ; le recueil doit être cohérent, documenté et confronté aux éléments objectifs du dossier. Le texte insiste également sur la traçabilité du conseil dans la durée et sur la prise en compte des préférences en matière de durabilité.
Ce que vous pouvez demander, tout simplement
Si vous avez souscrit après l'entrée en application de la directive sur la distribution d'assurances et que vous ne retrouvez pas votre déclaration d'adéquation, écrivez à votre distributeur pour en demander une copie. Le document doit avoir été établi et conservé. Sa lecture, même trois ans plus tard, vous dira si la répartition entre fonds en euros et unités de compte a été justifiée au regard de votre horizon réel, ou simplement proposée.
Les six points à vérifier dans votre déclaration
Une bonne déclaration d'adéquation se lit en dix minutes et ne comporte aucune formule creuse. Voici la grille que nous appliquons quand nous reprenons un contrat existant.
Pour approfondir, lisez notre dossier sur les préférences de durabilité, notre comparatif assurance-vie ou PER et notre analyse de la clause bénéficiaire.
Ce que ce document ne fait pas
Il faut être clair, car la confusion existe. Une déclaration d'adéquation atteste de la qualité du raisonnement au moment du conseil. Elle ne garantit strictement aucun résultat.
Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital : l'assureur s'engage sur le nombre d'unités de compte, pas sur leur valeur, qui fluctue à la hausse comme à la baisse selon les marchés financiers. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute souscription ou tout arbitrage, la lecture du document d'informations clés prévu par le règlement PRIIPs reste indispensable, support par support.
Ce que le document apporte, en revanche, est considérable : une trace écrite du conseil reçu, un point de comparaison si votre situation change, et un élément de preuve en cas de désaccord. C'est aussi, pour un cabinet, la meilleure discipline qui soit : on écrit moins facilement une recommandation qu'on ne la prononce.
Nous établissons ce document systématiquement, avant signature, pour chaque dossier patrimonial suivi à Aubenas, Ruoms, Vallon-Pont-d'Arc, Joyeuse, Les Vans et Largentière, comme à distance.
Questions fréquentes
Q : Qu'est-ce qu'une déclaration d'adéquation ?
C'est le document écrit, remis sur support durable avant la conclusion du contrat, dans lequel le distributeur explique en quoi la solution recommandée correspond à vos exigences, à vos besoins, à vos objectifs et à votre situation financière. Pour les produits d'investissement fondés sur l'assurance, il est prévu par l'article L.522-5 du Code des assurances ; l'équivalent en conseil en investissements financiers s'appelle rapport d'adéquation.
Q : Est-ce obligatoire pour tous les contrats d'assurance-vie ?
L'obligation de préciser par écrit les exigences et les besoins, prévue à l'article L.521-4 du Code des assurances, est générale. La déclaration d'adéquation de l'article L.522-5 vise spécifiquement les produits d'investissement fondés sur l'assurance, ce qui recouvre en pratique les contrats multisupports, les contrats de capitalisation et les plans d'épargne retraite assurantiels.
Q : Que faire si je ne l'ai jamais reçue ?
Demandez-en une copie par écrit à votre distributeur : le document doit avoir été établi et conservé. En l'absence de réponse satisfaisante, vous pouvez saisir le service réclamations de l'établissement puis, le cas échéant, La Médiation de l'Assurance. Chaque situation étant particulière, aucune conclusion générale ne peut être tirée de la seule absence du document.
Q : Le conseil doit-il être mis à jour après la souscription ?
Le devoir de conseil ne s'arrête pas à la signature. L'article L.522-5 du Code des assurances prévoit, lorsque le distributeur a annoncé une évaluation périodique de l'adéquation, qu'elle soit effectivement réalisée et actualisée. La recommandation ACPR 2024-R-03, applicable depuis le 31 décembre 2025, insiste sur cette traçabilité dans la durée.
Q : Ce document garantit-il la performance de mon contrat ?
Non, en aucun cas. Il atteste de la qualité et de la traçabilité du conseil, pas du résultat. Les supports en unités de compte comportent un risque de perte en capital et leur valeur n'est pas garantie ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucun rendement ne peut être promis ni garanti par avance.
Un contrat existant à faire relire ?
Nous relisons votre déclaration d'adéquation, vérifions la cohérence entre vos objectifs réels et la répartition retenue, et chiffrons les frais support par support. Appelez-nous au 06 69 43 83 38 ou prenez rendez-vous en ligne.
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Communication à caractère publicitaire · information générale non contractuelle, ne constituant ni un conseil personnalisé ni une incitation à souscrire · préparé avec assistance d'IA générative et validé par Kévin TORRANO (Règl. UE 2024/1689 art. 50)
Aucun résultat ne peut être garanti par avance. Régime micro-entreprise : TVA non applicable, art. 293 B du CGI.
Placements. Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital : l'assureur s'engage sur le nombre d'unités de compte, non sur leur valeur, qui est sujette à des fluctuations à la hausse comme à la baisse en fonction de l'évolution des marchés financiers. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucun rendement, aucune performance et aucun avantage fiscal ne sont promis ni garantis. Avant toute souscription ou tout arbitrage, prenez connaissance du document d'informations clés (DIC) prévu par le règlement PRIIPs, de la notice d'information et des documents précontractuels de durabilité du contrat et de chaque support. Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque souscripteur et est susceptible d'évoluer. Les cas chiffrés sont des exemples illustratifs.