Un couple qui achète sa première maison près de Ruoms ou un appartement à Aubenas se concentre sur le montant du prêt et le taux, rarement sur ce qui se passera si la vie commune s'arrête. Pourtant, que vous soyez mariés, pacsés ou en concubinage, l'emprunt à deux crée des engagements précis envers la banque, et des conséquences très différentes sur la propriété du bien. Mieux vaut les connaître avant de signer.

L'essentiel en 30 secondes

Quand deux personnes empruntent ensemble, elles sont en principe solidaires du remboursement : la banque peut demander la totalité de la dette à l'un ou à l'autre, quelle que soit la part de chacun dans le bien.

La solidarité : le point que l'on découvre trop tard

Dans un prêt à deux, la banque considère généralement les co-emprunteurs comme solidaires. Concrètement, si l'un cesse de payer, elle peut réclamer les mensualités ou le capital restant dû à l'autre, même si ce dernier ne détient qu'une petite part du bien. Cette solidarité ne s'efface pas avec la séparation : elle disparaît seulement si la banque accepte de modifier le contrat, ce qu'elle n'est pas tenue de faire.

C'est aussi pourquoi la banque examine les revenus et les charges des deux emprunteurs. Un emprunteur sans revenu stable, une activité en démarrage ou un CDD peuvent peser sur l'étude. Pour les situations professionnelles particulières, voir nos articles sur le crédit des indépendants et sur la capacité d'emprunt.

Parlez de la sortie avant d'entrer

Une conversation franche sur la répartition de l'apport, des mensualités et du bien, puis un acte qui la reflète, évite l'essentiel des conflits ultérieurs.

Marié, pacsé ou concubin : qui possède quoi ?

Concubins

Le bien est en principe en indivision. La dette se répartit à parts égales sauf mention contraire dans l'acte, par exemple si l'un a des revenus nettement plus élevés ou a apporté plus.

Pacsés

Pour un PACS conclu depuis le 1er janvier 2007, la séparation des biens est le régime par défaut, avec une option possible pour l'indivision. Un PACS antérieur suit d'autres règles.

Mariés

Le sort du bien dépend du régime matrimonial : communauté ou séparation de biens, avec possibilité de clauses de récompense fixées chez le notaire.

Rôle du notaire

C'est lui qui rédige l'acte d'achat et peut y inscrire la répartition de propriété. Cette étape est à préparer avec lui, pas seulement avec la banque.

L'assurance emprunteur à deux : les quotités

Chaque co-emprunteur est assuré, et la quotité indique la part du prêt couverte en cas de décès ou d'invalidité. Deux montages sont fréquents : 100 % sur chaque tête, ce qui protège entièrement le survivant mais coûte plus cher ; ou une répartition, par exemple 50 % / 50 %, moins coûteuse mais qui laisse une partie du prêt à la charge de celui qui reste. Le choix se fait selon les revenus de chacun et la dépendance du foyer à ces revenus.

En cas de séparation, l'assurance doit aussi être ajustée : si chacun était assuré à 100 %, il suffit de résilier celle de la personne qui sort ; si les quotités étaient réparties, le contrat de celui qui reste doit être modifié pour couvrir l'ensemble du prêt, ce qui augmente le plus souvent la cotisation. Pour comparer les contrats, voir la délégation d'assurance emprunteur.

Si le couple se sépare : les options

1
Prévenir la banque de tout changement de situation et continuer à payer les mensualités, la solidarité restant en vigueur.
2
Garder le prêt à deux si le dialogue le permet, avec une répartition des échéances ajustée entre vous.
3
Demander la désolidarisation : l'un sort du prêt, l'autre rembourse seul. La banque peut refuser ou exiger une garantie de remplacement.
4
Racheter la part de l'autre (rachat de soulte) avec un nouvel acte notarié. Voir notre article sur le rachat de soulte.
5
Vendre le bien et répartir le produit selon les parts, après remboursement du prêt et d'éventuelles indemnités.

Préparer son dossier à deux

En tant que courtier en opérations de banque (IOBSP), je présente votre projet à plusieurs banques partenaires après avoir étudié avec vous les revenus, l'apport, la quotité d'assurance et le calendrier. Je rencontre les couples à Lagorce comme à Vals-les-Bains, Joyeuse ou Les Vans. Mes frais de courtage sont précisés par écrit avant tout conseil, et aucun taux ni accord de prêt ne peut être garanti par avance.

Sources et mise à jour (27 octobre 2026) : informations pratiques sur les co-emprunteurs, la solidarité et la séparation (documentation d'un assureur emprunteur, consultée le 27 octobre 2026) ; les règles de propriété (indivision, régimes matrimoniaux, PACS) sont à confirmer avec un notaire. Le régime de votre PACS ou de votre mariage dépend de votre convention.

Questions fréquentes

Q : Les deux co-emprunteurs sont-ils responsables de la totalité du prêt ?
En principe oui : ils sont solidaires envers la banque, qui peut demander la totalité à l'un ou à l'autre. Cette solidarité subsiste après une séparation.

Q : Un concubin peut-il emprunter avec son compagnon sans être marié ?
Oui. Il n'y a pas d'obligation de mariage ou de PACS pour emprunter ensemble. Le bien est en principe détenu en indivision, avec une répartition fixée dans l'acte d'achat.

Q : Peut-on sortir d'un prêt à deux après une séparation ?
Uniquement avec l'accord de la banque, qui peut refuser ou demander une garantie de remplacement. La désolidarisation s'accompagne souvent d'un rachat de part chez le notaire.

Q : Quelle quotité d'assurance choisir ?
Cela dépend des revenus de chacun. 100 % sur chaque tête protège davantage mais coûte plus cher. Il faut en discuter avant de signer.

Q : Dois-je me pacser pour acheter à deux ?
Non. Le PACS ou le mariage ne sont pas exigés par la banque, mais ils changent les règles de propriété et de succession : parlez-en avec un notaire.

Un projet d'achat à deux ? Construisons le dossier ensemble

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