Un couple de Largentière qui finance 90 000 euros de rénovation après un audit énergétique, un artisan d'Aubenas qui étale le coût d'un véhicule utilitaire, un propriétaire de Ruoms qui reprend un prêt de 2023 : tous ces dossiers seront traités différemment selon qu'ils sont signés avant ou après le 20 novembre 2026. Une ordonnance de septembre 2025, restée très discrète, redessine ce jour-là la frontière entre crédit à la consommation et crédit immobilier.

L'essentiel en 30 secondes

L'ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 relative au crédit à la consommation entre en vigueur le 20 novembre 2026. Elle ne change pas votre prêt actuel, mais elle change la règle du jeu pour les dossiers signés après cette date.

Ce que dit exactement l'ordonnance du 3 septembre 2025

Le texte transpose en droit français la nouvelle directive européenne sur les contrats de crédit aux consommateurs. Il modifie les livres II, III et VII du Code de la consommation, et son article 99 pose deux règles de calendrier qu'il faut retenir.

1

Une date unique : le 20 novembre 2026

L'ordonnance entre en vigueur ce jour-là. Jusqu'au 19 novembre inclus, le droit actuel continue de s'appliquer intégralement.

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Les contrats en cours ne basculent pas

Les contrats de crédit en cours au 20 novembre 2026 restent régis par les dispositions du Code de la consommation et du Code monétaire et financier dans leur rédaction antérieure. Un prêt signé aujourd'hui vit sa vie sous le droit d'aujourd'hui.

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Le seuil des crédits travaux est relevé

La frontière de 75 000 euros, qui séparait jusqu'ici les crédits travaux relevant du crédit à la consommation de ceux relevant du crédit immobilier, est portée à 100 000 euros à l'article L.314-6 du Code de la consommation.

Pourquoi ce seuil n'est pas un détail

Un crédit travaux de 85 000 euros n'appelle pas les mêmes protections selon le régime dont il relève : durée du délai de réflexion, contenu de l'offre, conditions de remboursement anticipé, obligations d'information. Avant le 20 novembre 2026, ce dossier relève du crédit immobilier. Après, il pourra relever du crédit à la consommation. Le même projet, financé à quelques semaines d'écart, ne sera pas encadré de la même façon.

Crédit conso ou crédit immobilier : ce qui n'est pas équivalent

On entend souvent que « c'est la même chose, c'est de l'argent emprunté ». Ce n'est pas exact. Quatre différences pèsent lourd sur un dossier de rénovation en Ardèche.

Le délai de réflexion

En crédit immobilier, l'offre doit être maintenue et ne peut être acceptée qu'après un délai de réflexion de dix jours. En crédit à la consommation, la logique est celle d'un droit de rétractation après signature.

Le contenu de l'offre

Le crédit immobilier impose une fiche d'information standardisée européenne et un échéancier détaillé. Le formalisme du crédit à la consommation est différent.

Les garanties exigées

Hypothèque, privilège de prêteur de deniers ou caution sont propres au crédit immobilier, avec leurs frais. Un crédit à la consommation s'en passe, mais son taux en tient compte.

L'assurance emprunteur

Le droit de résiliation à tout moment issu de la loi Lemoine vise l'assurance des crédits immobiliers. Un crédit travaux basculé en crédit à la consommation ne suit pas le même régime.

Aucune de ces différences ne rend un régime meilleur que l'autre dans l'absolu. Elles rendent l'arbitrage réel, et c'est précisément ce qu'un comparatif fondé sur le seul taux affiché ne montre pas.

Ce que le taux affiché ne dit pas

Chaque trimestre, un avis publié au Journal officiel fixe les taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit et les seuils de l'usure qui en découlent. L'avis du 26 juin 2026 donne les chiffres applicables depuis le 1er juillet 2026.

Moins de 10 ans

Taux effectif moyen 3,05 %, seuil de l'usure 4,07 %. Au trimestre précédent : 3,00 % et 4,00 %.

De 10 à moins de 20 ans

Taux effectif moyen 3,43 %, seuil de l'usure 4,57 %. Au trimestre précédent : 3,36 % et 4,48 %.

20 ans et plus

Taux effectif moyen 3,97 %, seuil de l'usure 5,29 %. Au trimestre précédent : 3,89 % et 5,19 %.

Prêt-relais

Taux effectif moyen 4,79 %, seuil de l'usure 6,39 %. Au trimestre précédent : 4,65 % et 6,20 %.

Deux lectures s'imposent. D'abord, ces pourcentages sont des taux effectifs globaux : ils intègrent l'assurance emprunteur, les frais de dossier, les frais de garantie et le coût des parts sociales. Le « taux » que votre banque annonce au téléphone est un taux nominal, toujours inférieur. Comparer l'un à l'autre n'a aucun sens.

Ensuite, la tendance est à la hausse d'un trimestre à l'autre sur toutes les maturités. Ceux qui attendent une nouvelle fenêtre de renégociation comparable à celle de 2016 ou de 2021 attendent un mouvement que les chiffres officiels ne décrivent pas aujourd'hui. Cela ne préjuge en rien de l'évolution future des taux, qui ne peut être garantie par avance.

Le seuil de l'usure, lui, se calcule mécaniquement : un prêt est usuraire lorsque son taux effectif global excède de plus d'un tiers le taux effectif moyen du trimestre précédent pour des opérations de même nature.

Renégocier ou faire racheter : les règles qui, elles, ne changent pas

Que votre dossier soit signé avant ou après le 20 novembre 2026, trois mécanismes restent en place.

La renégociation avec votre banque passe par un avenant. L'article L.313-39 du Code de la consommation impose un avenant écrit comportant un échéancier des amortissements détaillant, pour chaque échéance, le capital restant dû, ainsi que le TAEG et le coût du crédit calculés sur les seules échéances à venir. Vous disposez ensuite d'un délai de réflexion de dix jours. Beaucoup d'emprunteurs ignorent l'existence de ce délai et signent l'avenant le jour même.

L'indemnité de remboursement anticipé est plafonnée. Elle ne peut excéder un semestre d'intérêts sur le capital remboursé au taux moyen du prêt, sans dépasser 3 % du capital restant dû avant remboursement. Ces deux plafonds se cumulent : c'est le plus faible des deux qui s'applique.

Dans trois cas, aucune indemnité n'est due. Pour les contrats conclus depuis l'entrée en vigueur de la loi du 25 juin 1999, l'indemnité disparaît lorsque le remboursement est motivé par la vente du bien faisant suite à un changement du lieu d'activité professionnelle de l'emprunteur ou de son conjoint, par le décès, ou par la cessation forcée de l'activité professionnelle de l'un d'eux. Vérifiez ce point avant de renoncer à un projet : il est fréquemment oublié lors des mutations professionnelles.

Questions fréquentes

Mon prêt en cours va-t-il changer le 20 novembre 2026 ?
Non. Le II de l'article 99 de l'ordonnance du 3 septembre 2025 prévoit que les contrats de crédit en cours au 20 novembre 2026 restent régis par les dispositions antérieures.

Mon crédit travaux de 90 000 euros relève-t-il du crédit immobilier ?
Aujourd'hui, oui : au-delà de 75 000 euros, un crédit destiné à la réparation, l'amélioration ou l'entretien d'un logement suit le régime du crédit immobilier. À partir du 20 novembre 2026, ce seuil est porté à 100 000 euros.

Le taux d'usure est-il un taux maximum négociable ?
Non. C'est un plafond légal : un prêt est usuraire dès lors que son taux effectif global dépasse de plus d'un tiers le taux effectif moyen du trimestre précédent. Il ne se négocie pas et ne constitue pas un objectif de taux.

Faut-il inclure l'assurance dans la comparaison de deux offres ?
Oui, c'est indispensable. Le TAEG intègre l'assurance, les frais de dossier et les frais de garantie. Deux offres au même taux nominal peuvent présenter un TAEG très différent.

Puis-je encore renégocier mon prêt de 2022 ?
Cela se calcule dossier par dossier, en comparant le coût total restant avec et sans l'opération, indemnité de remboursement anticipé et frais compris. Aucun gain ne peut être annoncé avant cette analyse.

Un projet de travaux ou un prêt à réexaminer avant le 20 novembre ?

Nous chiffrons votre dossier sous les deux régimes, indemnités et frais compris, et vous remettons une comparaison écrite. Appelez-nous au 06 69 43 83 38 ou prenez rendez-vous en ligne.

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Crédit. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. Aucun taux, aucune acceptation de dossier et aucun montant de financement ne sont garantis : ils dépendent de l'analyse de chaque établissement prêteur ou crédit-bailleur. Les taux et barèmes cités sont indicatifs à la date de publication et ne constituent pas une offre de crédit au sens de l'article L.313-24 du Code de la consommation. Les cas chiffrés sont des exemples illustratifs. Le traitement fiscal dépend de la situation individuelle de chaque entreprise et est susceptible d'évoluer.

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